Dans la semaine du 17 au 21 janvier 2022, nous avons eu la chance d’interviewer 5 Responsables des Certifications Langues :

  • Florence Baudribos, Responsable DCL
  • Tony Bates, Responsable CLOE
  • Pascal Mevellec, Responsable LTE de PeopleCert
  • Carine Aubin, Responsable Commerciale de Pipplet
  • Laurent Sorgato, Responsable Leveltel

Vous trouverez les replays de toutes ces interviews ici.

Nous pouvons dire avec gratitude et fierté que vous, les organismes et les formateurs langues, avez joué le jeu : 871 inscriptions pendant la semaine, c’est un record absolu. Nous sommes également très reconnaissants de la multitude de messages de remerciements qui nous font chaud au coeur et qui nous poussent à aller encore plus loin.

Comme vous le savez, nous avons organisé ces webinaires afin d’éclaircir une situation délicate pour les organismes de formation en langues habitués à travailler avec leurs partenaires certificateurs depuis quelques années.

Nous avons vu passer 22 Certificateurs Langues à 7, dont 5 qui nous intéressent réellement pour les besoins de notre marché. Vous pouvez retrouver notre tableau dynamique ici. N’hésitez pas à nous faire part des informations concernant l’état des certifications afin de nous aider à le tenir à jour.

Qu’est-ce qui s’est réellement passé ?

Depuis notre dernier article sur le sujet de l’Etat des Certifications, où nous avons spéculé sur ce qui s’est passé aussi brutalement, la situation semble être maintenant plus claire. Nous pouvons comprendre avec beaucoup plus de certitude.

Le nouveau cahier des charges pour toutes les certifications (pas seulement en langues), était beaucoup plus exigeant. Au niveau de notre marché en langues, France Compétences avait besoin de :

  • Un dossier complet par langue et donc par numéro RS unique. Ce dossier devait comprendre une note d’opportunité, des lettres de soutien, des informations propres. Ceci a été l’erreur numéro un de plusieurs certificateurs multilingues qui ont rendu une seule réponse pour l’ensemble des langues.
  • Suffisamment de temps pour analyser le dossier et prévoir la commission de certification. Beaucoup de dossiers ont été rendus tard, ce qui fait qu’ils ont été instruits tardivement et traités dans les commissions de fin d’année. Avec des critères plus stricts, les refus se sont traduits par un dépassement de la date fatidique du 31/12/2021, soit la date de fin de la certification en cours. Les certificateurs qui ont rendu leurs dossiers tôt ont pu échanger avec les instructeurs pour corriger leurs dossiers et réussir le renouvellement.
  • Des mesures de contrôle beaucoup plus sévères. Avec des écarts considérables entre le nombre de dossiers de formation fiancés par le CPF et le nombre de personnes réellement certifiées, France Compétences a alerté certains certificateurs. Par conséquent France Compétences souhaite maintenant que le certificateur soit beaucoup plus exigeant au niveau de la qualité de ses partenariats avec des organismes de formation ET aussi imposer les contrôles d’identité et une surveillance des certifications réalisée à distance. Ne soyez pas étonnés si un certificateur refuse votre dossier, mais si vous travaillez en bon sens et selon les normes Qualiopi, tout doit bien se passer.
  • De faire comprendre que c’est maintenant la certification qui est l’objectif de la formation et non pas un simple moyen d’obtenir le financement. Les certifications doivent refléter un besoin professionnel et les organismes doivent préparer leurs apprenant à réussir sa passation. La certification doit être valable à vie, et donc il doit comporter la notion d’échec. Le certificateur précise le niveau cible ou le niveau seuil d’obtention du certificat. Certains certificateurs vont exiger un niveau initial au début de la formation afin de constater que le programme et le niveau visé soit alignés. Cela veut dire qu’un apprenant peut échouer, mais dans la plupart des cas une attestation de niveau ou de résultats sera livrée au lieu du certificat. Peut-être doit-on changer le nom Compte Personnel de Formation à Compte Personnel de Certification !
  • Des certifications « business ». Utiliser le CPF pour apprendre une langue pour aller en vacances ou mieux communiquer avec sa belle-famille n’est plus possible. Le contenu de toutes les certifications doit être lié au projet professionnel. Le but est de permettre au bénéficiaire de retrouver un travail ou de faire avancer sa carrière. Certains certificateurs vont utiliser des référentiels métier et designer un niveau cible pour le métier du bénéficiaire. Il faut donc faire très attention lors de l’inscription.

Il semble du coup que concevoir un programme de formation avec des objectifs purement « opérationnels » ou « personnalisés » et mettre un test au bout ne soit plus trop permis. Proposer des formations de 10 ou 15 heures avec des packages de 500 euros non plus.

Une formation certifiante financée par le CPF en 2022 doit être focalisée sur la réussite de la certification choisie. France Compétences va même suivre le taux de réussite de vos candidats. Trop de candidats absents ou en échec pourraient se traduire par un risque pour le certificateur du non-renouvellement de la certification au RS ou par la désinscription de votre organisme auprès de celui-ci.

Pourquoi passer d’une volonté de faire un « Big Bang » de la formation à tous ces nouveaux contrôles ? L’argent, bien sûr. France Compétences est déficitaire, et selon cet article de Rhexis, le dispositif CPF perd jusqu’à 300 millions d’euros par an. Entre les organismes frauduleux et dédiés à voler de l’argent et les dossiers trop éloignés du but initial du CPF, ces nouvelles mesures pourraient bien combler ce trou rapidement.

Nous pouvons comprendre ce changement, mais nous déplorons la manière dont cela a été fait. Encore une fois, les organismes de formation doivent subir et réagir aux décisions de l’Etat qui fait son maximum pour réduire le nombre d’organismes dans un système paritaire qu’il a lui-même créé.

Que faire maintenant ?

Après avoir écouté attentivement les certificateurs pendant toute la semaine, dont le PIPPLET et le LEVELTEL qui sont en cours de renouvellement, nous vous conseillons :

La compréhension

2022 n’est pas comme 2021. Il faut refaire votre offre sur EDOF, et vous devriez le faire tout en comprenant les nouvelles mesures que nous vous avons présentées ci-dessus. Vous ne pouvez plus faire ce que vous voulez. Choisissez bien votre partenaire certificateur et suivez bien leurs conseils. Sachez aussi que les tarifs vont changer ! La plupart des certificateurs ne peuvent pas continuer avec les prix d’avant donc prévoyez une augmentation.

La patience

Il faut être patient car les certificateurs sont inondés de demandes et elles doivent toutes être étudiées voire passer en commission interne. Vous devriez construire votre dossier, la certification Qualiopi ne suffit pas. D’autres certifications aussi vont certainement être admises et donc il faut être attentif à comment votre offre pourra évoluer.

Le discernement

Les messages et les informations changeront entre tous les certificateurs. Nous avons vu pendant les webinaires, ce que vous dit l’un pourra être à l’opposé de ce que vous dit un l’autre. Certains vont vous dire qu’il faut tester 4 ou 5 compétences, d’autres 2. Certains vont vous dire qu’il faut réussir un niveau ciblé, d’autres non. Certains vont vous dire certification à vie, d’autres non. Comment faire le tri ?

A notre connaissance, si la Certification est référencée dans le Répertoire Spécifique, vous pouvez très bien suivre les informations données par le Certificateur. Du moment que vous faites très attention à faire votre maximum pour accompagner le candidat vers sa passation (vous avez l’obligation de moyens, pas de résultats), et de le prouver, il ne devrait pas y avoir trop de problèmes.

Ce qui est sûr, c’est que les certifications ne sont pas répertoriées pour la même durée. Voir notre tableau pour voir les dates de fin. C’est à eux après de resoumettre encore un dossier ! Il faut donc être attentif à cela aussi car ils ont déjà été pris au dépourvu. (ll faut avouer que ce n’est pas un exercice facile. Le DCL a rendu un dossier de 4000 pages !). Nous ne serons pas étonnés si certains sont refusés à nouveau.

Selon ce post des Acteurs de la Compétence (ancien FFP), France Compétences a déclaré :

– Précision sur le délai moyen de traitement pour une première demande d’enregistrement : 6 mois pour le RNCP et 5 mois pour le RS (3 mois pour le renouvellement au RS).
– Présentation aux commissions de #FranceCompétences de janvier et février au plus tard de l’ensemble des dossiers déposés en fin d’année 2021.
Réexamen par #FranceCompétences des dossiers refusés sous un délai de 2 à 3 mois, avec le même instructeur.
– Systématisation d’un entretien de débriefing avec l’instructeur quel que soit l’avis de la commission de #FranceCompétences.
– Possibilité de compléter son dossier avant la rédaction du rapport d’instruction.
– Visibilité sur le calendrier des commissions de certification de #FranceCompétences.

Cela donc confirme que d’autres certifications seront acceptées, et les délais de traitement doivent être plus courts qu’avant.

Pour vous aider, nous travaillons sur un tableau comparatif entre les certifications actives, et nous mettrons le lien ici bientôt.

Nous accueillons vos commentaires et questions ci-dessous avec plaisir.

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